lundi 20 février 2012

J'entre en campagne!


J'entre en campagne, oui, c'est bien mon tour: urgence oblige.
Non pas de manière "fracassante", comme l'écrit le Figaro à propos du candidat- président- qui n'était pas candidat - et qui l'est quand même pour finir, mais sur un mode plus lyrique, plus  interrogateur et mû par une réelle inquiétude: l’hypothèse de voir réélu l’actuel président en mai 2012, cette hypothèse qui commençait depuis quelques mois à paraître des plus farfelues, pourrait- elle devenir réalité ?

Est- il possible que la machine médiatique française (Allez voir sur ce sujet le film Les nouveaux chiens de garde[1], mais mangez léger avant.) favorise le blanchissement de celui qui a déçu ses plus fervents soutiens dans leur adoration, et n’a cessé de confirmer à ses détracteurs qu’ils avaient raison ?

Mais plus encore, est –il possible qu’on continue à utiliser la personnalisation du pouvoir pour exonérer celui qui disait « Je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous mentirai pas » de toute responsabilité dans l’état de délitement où  se trouve aujourd’hui la France ? Les décisions qui y ont conduit, il doit en porter l’entière responsabilité puisqu’il entendait être un président actif sur tous les fronts, un « président qui gouverne ». Trois points forts du programme de 2007 n’ont pas été réalisés : et les électeurs pourraient oublier l’augmentation incessante du nombre de chômeurs, du nombre d’agressions à la personne, et la baisse continue de leur pouvoir d’achat ?
Oui, j’en ai peur, malheureusement.
Car enfin, qu’est- ce qui se met en place sous nos yeux ? La construction d’un discours pervers qui revient d’un côté à dissocier l’homme de son action, en décriant l’un pour louer l’autre (Sur le mode : « Oui, Nicolas Sarkozy est maladroit et habite mal sa fonction, mais sur le fond il a correctement agi »), pour mieux attribuer à l’homme le mérite de nous avoir évité le pire (Discours repris par l’intéressé lui- même quand il nous invite à regarder le sort de l’ouvrier espagnol ou du chômeur italien). Pour résumer : Nicolas Sarkozy agit bien, même s’il communique mal ; tout le mal vient de l’extérieur (Entendez de la crise).
 Ou, pour le dire plus nettement :
« Tout ce qui va mal en France n’est pas le fait de Nicolas Sarkozy (lequel se campe alors  avec modestie dans la posture de l’homme de bonne volonté qui ne peut pas résoudre tous les problèmes.)
On peut par contre attribuer le mérite de tout ce qui va bien au même Nicolas Sarkozy (qui retrouve alors la stature de l’omniprésident réactif, efficace et compétent sur tous les sujets.)»

Le credo de la campagne peut donc se ramener à deux articles :
1/ Nicolas Sarkozy a toujours raison, même quand il a tort.
2/ Si, par extraordinaire, il devait arriver à Nicolas Sarkozy de se tromper, se reporter à l’article 1.



[1] Lire aussi, à titre de comparaison, cet éditorial du Point et cet article de Marianne2

4 commentaires:

  1. Attention camarade à ne pas trop personnaliser tout cela. Bien sur Sarkozy est une crapule de droite, mais Hollande ne serait il pas un faux ami dont le role serait de faire passer la pilule de la rigueur avec un peu de miel? Et au fond n'ont ils pas tout les deux la meme vision de la société?

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    1. En effet...on sait que les socialistes ont surtout pour fonction de faire avaler en douceur ce que la droite assène sans ménagement (l'ère Mitterand en a été une traduction). Il est clair par ailleurs qu'un des rôles de Hollande s'il était élu serait de négocier avec la "Troïka" les mesures d'austérité imposées à la France par l'Europe, et c'est sans doute ce qui motive la menace brandie ces derniers jours par un certain nombre de dirigent européens (Qui seraient tombés d'accord pour ne pas recevoir le président Hollande). Mais la personnalisation étaient justement le thème de l'article: ce n'est pas, dans le cas de la France, un problème de...personne; c'est un problème lié je crois à la nature même de nos institutions, celles de la V° république.Sarkozy incarne juste le stade bouffon, caricatural de ce régime ultra- présidentiel qui nous conduit effectivement à regarder l'homme plutôt que les idées. Faut- il rappeler qu'Arnaud Montebourg plaide depuis longtemps en faveur d'un changement de république? Montebourg...On y revient toujours!

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    2. Montebourg une nouvelle république? Je craint le pire! Des frontières ultra fermées et Audrey Pulvarde ministre de la culture....Plus sérieusement c'est toujours le problème de l'homme qui va tout changer, l'homme providentiel...nous sommes des belles au bois dormant qui attendons notre prince charmant. Mais les princes charmants n'existent pas quelques soient les républiques. Je crois qu'il faudrait surtout une véritable démocratie. Réunir enfin le politique, l'économique et le sociale. Car la démocratie c'est aussi la possibilité d'agir sur le monde; or cette possibilité est extrèmement restreinte; Elle s'arrète aux portes des lieux de travail là ou les hommes passent le plus clair de leur temps et ou ils agissent collectivement sur le monde...Bien sur dans le privé il faut bosser pour produire et non faire de la politique quand on est au boulot. Quand à l'administration d'Etat ou autre, au non d'un sacro saint principe de laicité il ne faut absolument ne pas exprimer ses opinions et en débattre. La vraie démocratie (et une réelle république) serait de décider ensemble les choix à faire dans tous les domaines de la société et non pas déléguer à quelques un (qui ne représentent que leur classe sociale) le droit de décider pour les autres.

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  2. Le choix du mot "fonction" réduit le PS (depuis Mitterrand, dis-tu) à un rôle a priori de courroie de transmission, probablement de pouvoirs supérieurs, financiers, bourgeoisie... C'est une compréhension assez répandue, une autre (qui serait plutôt la mienne) est qu'il s'agit d'un parti soumis à de nombreuses forces dont les rapports varient dans le temps. Malheureusement, la réalité des forces de l'argent est telle qu'elle parvient, je crois, à tordre le bras des dirigeants socialistes après un certain temps d'exercice du pouvoir. Peut-être parce que ceux-ci ne parviennent pas à décider de s'y attaquer vraiment, si tant est que c'est possible, par crainte de passer par des épisodes douloureux (pour eux aussi) mettant en jeu la paix sociale. Il n'empêche que je ne parviens pas à voir en ces dirigeants et en les militants socialistes (je le fais sans difficulté même pour les militants UMP) des individus totalement soumis à des intérêts financiers, y compris les leurs.
    C'est d'ailleurs comme tu le soulignes au PS (il y en a ailleurs, mais non, pas à l'UMP) qu'on trouve encore une pensée qui se traduit notamment par une réflexion sur l'élaboration d'une sixième république. Changer de constitution ne peut se faire sans le dépassement d'un obstacle paradoxal: ôter du pouvoir à ceux qui en ont le plus, par eux-mêmes. Avec un régime ultra-présidentiel, ce pouvoir à un individu, ça parait quasi-impossible. Sauf crise majeure. Avec tout de même un parti aux aguets, qui tout de même a soumis ses candidats à une primaire... on peut toujours rêver...

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