Enfin une bonne nouvelle: Van Halen sort un nouvel album !
Si vous vous rappelez, il est entre autres l'auteur de ce titre:
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=van%20halen%20eruption&source=web&cd=2&ved=0CDUQtwIwAQ&url=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Dz_lwocmL9dQ&ei=zUVJT7SSMozV8QOEndCGDg&usg=AFQjCNHhiTFVs10g8Arvh41JoPCQ-Ru8qg&sig2=2UVPhMlgwHHsG1ikBBYb4w.
"Eruption", plutôt qu'explosion, ça nous changera un peu
samedi 25 février 2012
vendredi 24 février 2012
Athènes et la nouvelle philosophie
Je reviens en Europe le temps de ce message; mais je dois d'abord rectifier l'analyse que je développais dans "De quoi la Syrie est- elle le nom" et répondre franchement: oui, nous savons de quoi elle est le nom. Elle nomme deux réalités: le torpillage du plan d'intervention suggéré par la Ligue arabe, et refusé par une Chine et une Russie qui tiennent à bout de bras le régime syrien, et son résultat, l'impuissance de l'ONU. Edith Bouvier, la journaliste française blessée à Homs, a demandé à ce que la Syrie soit appelée "trêve" pour quelques temps. Peut- être faudra-t-il lui associer bientôt le nom "Brigades Internationales".
Cette évocation des Brigades Internationales me conduit, tout comme le titre du précédent article, au sujet du jour. Je veux parler de Bernard- Henri Lévy.
Je dois d'abord faire un aveu: j'ai presque failli apprécier cet homme- là, dont il m'arrive de lire les éditoriaux dans Le Point (et c'est là un deuxième aveu, qui va peut- être m'aliéner par avance de futurs lecteurs!). J'ai notamment toujours apprécié chez lui sa théorie des guerres oubliées: il a toujours affirmé qu'il n'y avait pas de petits conflits oubliables si on défend une vision rigoureuse des droits de l'Homme. J'ajoute que les "petites guerres" sont souvent les matrices des "grands bouleversements": qu'on pense aux Guerres Balkaniques de 1912- 1913 - et qui sait ce qu'on dira un jour du conflit qui se poursuit discrètement dans le Haut -Karabagh?
Comme chacun sait, Bernard- Henri Lévy court sur les traces de Malraux, mais je n'ai jamais eu envie d'ironiser sur cette posture, parce que d'une part c'est facile, et parce que d'autre part elle l'aura poussé à réaliser le seul film contemporain du siège de Sarajevo qui le présente pour ce qu'il est : une agression fasciste. Ce film, c'est Bosna; et on pourra me dire que c'est un mauvais film, narcissique et pontifiant, reste qu'il a eu l'immense mérite d'appeler un chat un chat alors que tous se demandaient s'il fallait l'appeler tigre, souris ou Snark. Or je pense qu'il serait temps pour BHL de réaliser non pas un mais deux films: l'un s'appellerait "Syria", et l'autre "Hellas"- le nom grec de la Grèce. Je m'étonne en effet du silence de l'auteur, il y a peu encore intarissable à propos de la Lybie où il est directement intervenu, et je m'étonne encore plus des précautions qu'il emploie dans son dernier article, intitulé "Ce qui se joue, vraiment, à Athènes."
Or je suis dans l’obligation de dire que Bernard- Henri Lévy ne voit pas- se refuse à voir- ce qui se joue, réellement, à Athènes. Le voudrait- il qu’il ne pourrait sans doute pas parce que, comme beaucoup d’inconditionnels de l’Europe bruxelloise, il lui est impossible de remettre en question les dogmes qui y prévalent depuis la signature des accords de Maastricht. Il se refuse à examiner comme sérieuse l’hypothèse d’une sortie de l’euro et d’une dévaluation, au motif que ce serait « pire » -pire que quoi , on se le demande à voir la Grèce plonger dans la spirale de l’endettement, les salariés grecs ne plus recevoir leur salaire, les émeutes se multiplier et, plus que tout, un parlement national réduit à n'être plus qu'une courroie de transmission. Que la tutelle imposée de facto à un état européen, un état dont l’entrée dans la CEE en 1981 avait été voulue comme un acte politique parce que la Grèce, c’est un peu plus que la Grèce, c’est aussi un des fondements de l’histoire européenne, que cette mise sous tutelle donc ne fasse pas bondir un homme comme BHL pour lui faire écrire que « l’Europe meurt à Athènes » (comme il écrivait il y a 20 ans qu’elle « mourait à Sarajevo ») voilà ce que je ne m’explique pas. Tout comme je ne m’explique pas la modération de l’auteur quand il aborde le rôle de l’Allemagne et de la France dans cette affaire, pays dont il se contente de déplorer le « ton » et le « mépris ».
Car enfin, si on veut bien un instant poser les yeux sur la situation, qu’est- ce qui se joue à Athènes ? Voilà un pays dont les responsables ont commis un certain nombre d’erreurs graves et proféré un certain nombre de mensonges, mais à qui on a octroyé depuis les années soixante crédit sur crédit au nom du développement et de l’intégration européenne (objectif déjà mentionné en toutes lettres dans l’intro du Guide bleu de 1965). A qui on reproche aujourd’hui son endettement, alors qu’en chiffres nets celui- ci n’excède pas celui de l’Allemagne, du Japon où des Etats –Unis. Autrement dit à qui on reproche surtout, par- delà son endettement, de ne pas avoir les capacités potentielles de remboursement dont ces derniers pays peuvent se prévaloir. Or de plus en plus de voix s’accordent –jusqu’à celle de Christine Lagarde !- pour douter de la pertinence des « plans de sauvetage » mis en place, lesquels ne font qu’approfondir la crise dans laquelle le pays plonge peu à peu. Quand on est banquier, proposer à un ménage surendetté une nouvelle volée de crédits en sachant qu’ils ne seront jamais remboursés, c’est pour le moins agir avec légèreté, non ? C’est pourtant aussi ce qui se joue à Athènes.
Faisons maintenant un sort à ce « ton de diktat et de mépris » employé par l’Allemagne et la France selon BHL. Je lui laisse la responsabilité du mot « diktat », dont les connotations dans ce contexte sont effectivement chargées : l’écrivain- philosophe connaît mieux que moi la densité de certains mots sous la plume. De fait, il devrait examiner ce vers quoi ce mot de « diktat » fait signe pour parler comme Heidegger : il fait signe en direction de toutes les dettes que la communauté internationale à choisi d’effacer en Europe au siècle dernier, j’entends par là les dettes allemandes. Il fait signe vers l'occupation de la Ruhr et de la Rhénanie à titre de représailles à la fin de la Grande Guerre, dénoncée comme un diktat par un Hitler à qui on permit tout par la suite; il fait signe vers la volonté forcenée de réconciliation avec l'Allemagne, au prix d'un effacement de l'ardoise, entre 1945 à 1989, réconciliation qui devait éviter à ce pays de replonger dans le marasme économique terreau du nazisme. Réconciliation au nom de laquelle on lui a permis de redevenir une puissance économique qui dicte ses règles à un continent entier. Qu’un pays qui doit entre autres son redressement au plan Marshall (1948), qu'un pays qui n’a jamais remboursé ce qu’il devait à cette même Grèce que M. Schäuble traite effectivement avec la condescendance qu’on lui connaît, se permette aujourd’hui de nous prendre de haut et de considérer qu’il connaît seul la vérité sur le juste, le vrai, le bon pour la Grèce et l’Europe, est proprement un scandale. J’entends dire ça et là que la productivité des Grecs leur interdit de protester et de se comparer à l’Allemagne. Outre que cela pose un problème de fond (Si on n’atteint pas une certaine productivité économique, on est donc politiquement nul et on n’a pas voix au chapitre ?), j’ai surtout envie de souligner que la productivité grecque est aujourd’hui ce que serait peut- être la productivité allemande si on avait dû faire payer au pays de Mme Merkel toutes ses dettes de guerre. Or on nous rebat les oreilles avec ce que l’Allemagne a fait pour la construction européenne ; oui, il n’est que de porter nos regards sur l’histoire du 20 ° siècle pour voir ce que l’Allemagne à fait pour l’Europe : en 70 ans, trois guerres dont deux mondiales, la dernière ayant été le conflit le plus meurtrier de l’Histoire, sans même parler de l’anéantissement des Juifs d’Europe centrale et avec eux d’un millénaire de culture européenne. Il serait bon enfin que l’Allemagne n’oublie pas quelle dette symbolique elle a comme tous les autres pays d’Europe vis-à-vis de la Grèce, qui lui a donné entre autres la philosophie.
C’est délibérément que je parle ici au passé. On aura beau jeu de me retourner que le problème est celui de la dette actuelle, quantifiable et chiffrable, d’un pays. Il est clair que l’Europe actuelle, crispée et incapable d’envisager une alternative à ce qui s’est mis en place dans les années 90, cette Europe- là a été faite par des hommes du passé ; des hommes dont les références étaient la peur du communisme et la peur de la guerre. Non pas des guerres à venir, mais des guerres de jadis. Cette Europe strictement monétaire a été voulue par des gens pour qui, sincères ou non, la monnaie unique était le moyen par excellence d’éviter le retour des dictatures et le retour des guerres. Des gens que traumatisait le souvenir des tranchées de Verdun et de la guerre d’Espagne, et pour d’autres celui du Rideau de Fer. Des gens comme Bernard – Henri Lévy.
C'est à eux que s'applique la phrase de Kundera: "les hommes, même quand ils croient se battre pour l'avenir, ne se battent en réalité que pour le passé."
C'est à eux que s'applique la phrase de Kundera: "les hommes, même quand ils croient se battre pour l'avenir, ne se battent en réalité que pour le passé."
Voilà aussi ce que révèle Athènes aujourd’hui : la nouvelle philosophie et la critique du marxisme n’étaient que l'expression d'une volonté de revanche. La volonté de revanche qui a poussé le Nouveau Philosophe dans les bras du vainqueur, par l'acquiescement au nouvel ordre mondial et au nouvel ordre européen. Or il se trouve que ce nouvel ordre a déjà vieilli ; il présente désormais son vrai visage : celui d'un chaos faussement organisé.
Ainsi la monnaie unique, conçue à l'origine comme la garante de la paix sur le Vieux Continent, apparaît non plus comme un outil de construction politique, mais comme un instrument de plus entre les mains des marchés; et c’est aussi un facteur de délitement symbolique, politique et social. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’à travers les tensions entre Athènes, Berlin et Paris, ce sont tous ces vieux antagonismes dont l’Europe et sa monnaie avaient pour mission de nous débarrasser qui sont réactivés. Avec en prime la mort de la démocratie sur les lieux mêmes de sa naissance : un Parlement aux ordres et un peuple exsangue traité en Gavroche capricieux à qui on prêche le sacrifice alors qu’il crève déjà de faim.
Ainsi la monnaie unique, conçue à l'origine comme la garante de la paix sur le Vieux Continent, apparaît non plus comme un outil de construction politique, mais comme un instrument de plus entre les mains des marchés; et c’est aussi un facteur de délitement symbolique, politique et social. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’à travers les tensions entre Athènes, Berlin et Paris, ce sont tous ces vieux antagonismes dont l’Europe et sa monnaie avaient pour mission de nous débarrasser qui sont réactivés. Avec en prime la mort de la démocratie sur les lieux mêmes de sa naissance : un Parlement aux ordres et un peuple exsangue traité en Gavroche capricieux à qui on prêche le sacrifice alors qu’il crève déjà de faim.
C’est cela, Bernard- Henri Lévy, qui se joue vraiment à Athènes.
jeudi 23 février 2012
Vukovar
Homs, c'est Vukovar. Comme à l'automne 91. Il ne reste plus que le "Allah akbar" terrifié du caméraman amateur qui scande chaque explosion d'obus.
lundi 20 février 2012
J'entre en campagne!
J'entre en campagne, oui, c'est bien mon
tour: urgence oblige.
Non pas de manière
"fracassante", comme l'écrit le Figaro
à propos du candidat- président- qui n'était pas candidat - et qui l'est quand
même pour finir, mais sur un mode plus lyrique, plus interrogateur et mû par une réelle inquiétude: l’hypothèse de voir réélu l’actuel président en
mai 2012, cette hypothèse qui commençait depuis quelques mois à paraître des plus farfelues,
pourrait- elle devenir réalité ?
Est- il possible
que la machine médiatique française (Allez voir sur ce sujet le film Les nouveaux chiens de garde[1], mais mangez léger
avant.) favorise le blanchissement de celui qui a déçu ses plus fervents
soutiens dans leur adoration, et n’a cessé de confirmer à ses détracteurs qu’ils
avaient raison ?
Mais plus encore, est –il possible qu’on
continue à utiliser la personnalisation du pouvoir pour exonérer celui qui
disait « Je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas, je ne vous
mentirai pas » de toute responsabilité dans l’état de délitement où se trouve aujourd’hui la France ? Les
décisions qui y ont conduit, il doit en porter l’entière responsabilité puisqu’il
entendait être un président actif sur tous les fronts, un « président qui
gouverne ». Trois points forts du programme de 2007 n’ont pas été réalisés :
et les électeurs pourraient oublier l’augmentation incessante du nombre de
chômeurs, du nombre d’agressions à la personne, et la baisse continue de leur
pouvoir d’achat ?
Oui, j’en ai peur, malheureusement.
Car enfin, qu’est- ce qui se met en place
sous nos yeux ? La construction d’un discours pervers qui revient d’un
côté à dissocier l’homme de son action, en décriant l’un pour louer l’autre
(Sur le mode : « Oui, Nicolas Sarkozy est maladroit et habite mal sa
fonction, mais sur le fond il a correctement agi »), pour mieux attribuer
à l’homme le mérite de nous avoir évité le pire (Discours repris par l’intéressé
lui- même quand il nous invite à regarder le sort de l’ouvrier espagnol ou du
chômeur italien). Pour résumer : Nicolas Sarkozy agit bien, même s’il
communique mal ; tout le mal vient de l’extérieur (Entendez de la crise).
Ou,
pour le dire plus nettement :
« Tout ce qui va mal en France n’est
pas le fait de Nicolas Sarkozy (lequel se campe alors avec modestie dans la posture de l’homme de
bonne volonté qui ne peut pas résoudre tous les problèmes.)
On peut par contre attribuer le mérite de tout
ce qui va bien au même Nicolas Sarkozy (qui retrouve alors la stature de l’omniprésident
réactif, efficace et compétent sur tous les sujets.)»
Le credo de la campagne peut donc se ramener à deux articles :
1/ Nicolas Sarkozy a toujours raison, même quand il a tort.
2/ Si, par extraordinaire, il devait arriver à Nicolas Sarkozy
de se tromper, se reporter à l’article 1.
dimanche 19 février 2012
De quoi la Syrie est –elle le nom?
Voilà une question qui au jeu de « si on te le demande tu diras que tu ne sais pas » risque d’en faire gagner plus d’un.
En fait, si on me demande, comme beaucoup de gens, je dirais que je n’en sais rien ; parce que personne ne semble bien savoir ce qui s’y passe, sorti des données factuelles. Les tenants et aboutissants sont en apparence difficiles à saisir. Mais je pense que la complexité supposée de la situation, qui justifierait notre passivité, n’est qu’un prétexte. Cette ignorance partielle, y compris celle des autorités et le silence des voix qui furent si catégoriques lors des événements lybiens, a déjà de quoi nous alerter. Pourquoi ce silence et pourquoi ces nuances dans l’analyse, contrastant avec l’urgence tragique d’une situation qui semble elle appeler un règlement aussi prompt et martial que pour la Lybie ? J’entends dire ici et là que le danger salafiste n’est pas loin, et que le régime de Bachar el Assad à le mérite d’être pluraliste ; mais je ne sache pas que ces légitimes considérations aient autant pesé dans le soutien aux révolutions égyptienne et lybienne. Là aussi pourtant, les risques existaient de récupération islamiste ou de représailles à l’endroit de minorités religieuses.
Des protestations s’élèvent ça et là, émanant d’instances diverses, émanant aussi des sociétés civiles effarées ; mais on dirait que la surenchère verbale ne fait que souligner l’incapacité à agir. Des demandes, des réclamations, mais fort peu de décisions et beaucoup de tergiversations. Sur ces dernières, lire la synthèse proposée par Rue 89.
Je suis de plus frappé par les réticences à parler de guerre civile à propos d’une situation qui cependant met bien aux prises deux parties d’un peuple. Je lisais même que des observateurs s’inquiétaient du « risque de guerre civile », comme si une sanglante répression n’était pas en elle- même inquiétante. Serait- ce qu’on peut difficilement parler de guerre quand la force est, essentiellement, dans un seul camp (« Nous avons le peuple, ils ont l’armée », scandaient hier les manifestants de la province d’ Idleb)?
Précisons que ces hésitations, qui ressemblent fort à des atermoiements, ont au moins un mérite : favoriser une approche politique du problème, avec mise en marche des instances de l’ONU (Même s’il y entre beaucoup de manœuvres dilatoires, c’est du moins ce que soutient Francis Balanche interrogé sur France 24 et cité dans l’article ci- dessus.). Mais elles ont aussi des causes qu’on peut essayer d’énumérer.
Premier élément. Ce qui se passe là- bas serait plus complexe, plus entortillé qu’en Lybie ; du moins, c’est ce qui est souligné par les différents médias ; alors même que la Lybie mettait apparemment aux prises des méchants et des gentils bien identifiables, on a un peu peiné jusqu’ici à pointer du doigt un dictateur atroce (Bachar El Assad) et des victimes méritant notre soutien (le peuple syrien). Je suis frappé par l’écart de traitement entre les deux situations : tout poussait à l’intervention en Lybie, et rien ne retenait la plume vengeresse d' éditorialistes prompts à vitupérer Kadhafi et son clan, alors qu’ici, tout se passe comme si on se méfiait déjà des rebelles. Comme si en face l’allure calme et impavide du dictateur el Assad lui conférait une sorte de crédibilité, là où celle du despote psychotique Kadhafi suscitait le rire et la haine.
Deuxième élément frappant : le caractère affreusement spectaculaire de cette révolte et de sa répression qui se déroulent sous l’œil d’observateurs impuissants .
Troisième élément : ces observateurs, c’est nous, habitués que nous sommes à être les témoins passifs de l 'Histoire en marche -nous qui ne bougeons plus depuis des décennies et qui avons laissé se faire les guerres balkaniques. Mais c’est aussi ce qu’il est convenu d’appeler la « communauté internationale », visiblement partagée entre des intérêts divers, et non des moindres : ceux qui animent la Russie et la Chine, soutiens avoués d’El- Assad, l’Europe, les Etats- Unis. Et bien sûr les voisins immédiats, à commencer par la Turquie et Israël.
Je frémis en écrivant le nom de cet Etat, dont la seule mention a le don de déclencher un raidissement épidermique et pileux chez la plupart des lecteurs acquis ou hostiles à sa cause. Aussi m’expliqué- je (et ce sera le quatrième point): le lecteur aura eu vent des menaces de guerre brandies ces derniers jours par Israël et l’Iran. Il est assez net que ce dernier pays n’a rien à gagner à la chute du président syrien, dont le maintien a été un enjeu politique majeur pour les Gardiens de la Révolution. On peut donc penser que l’Iran va chercher à compenser et à placer directement ses pions dans la région, sinon par l’agression directe, du moins par sa capacité à diffuser l’arme nucléaire auprès de pays voisins. De sorte qu’intervenir dans la situation syrienne, c’est aussi intervenir dans la politique iranienne, ce que les uns et les autres, malgré leurs protestations et leurs moulinets verbaux, n’ont garde de faire. Les Etats- Unis en particulier, on les comprend, n’ont ni l’envie ni les moyens d’ouvrir un nouveau champ de bataille dans la région. Israël par contre, tout à sa hantise obsidionale, voit depuis longtemps dans l’Iran un danger majeur. Du moins ses dirigeants affectent- ils de le voir ainsi, écartant néanmoins toute possibilité d’accord avec les autres pays du Moyen- Orient - accord qui contribuerait à isoler les gouvernants iraniens, et à les affaiblir aussi à l’intérieur du pays. Ils préfèrent une guerre frontale qui serait en fait le meilleur service rendu à un Ahmadinejab fragilisé.
Reste qu’il est urgent d’intervenir, et encore une fois politiquement, en Syrie. Le droit d’ingérence ne se divise pas, pas plus que l’honneur des peuples. L’exemple de Srebrenica aurait dû, devrait, nous servir de leçon.
samedi 18 février 2012
Pourquoi ce blog?
Oui, pourquoi un satellite de plus en orbite autour de la blogosphère...sinon pour ajouter du bruit au bruit ambiant et un grain de sel au boucan déjà bien enfumé?! La meilleure réponse à la question pourquoi reste encore, dans l'état actuel de ce blog, "pourquoi pas?": on s'embarque, et on verra bien. Au reste le titre choisi, un peu ronflant, dit assez l'enjeu : dans une période qui aime à se croire apocalyptique, essayer de comprendre ce qui nous arrive, pour témoigner aussi de cette étrange veillée d'armes que nous vivons, veillée d'armes qui est peut- être déjà la prise de la ville. Donc un peu de tout ici, mais que je m'efforcerai de classer par domaines; pour l'instant j'en vois trois qui me sollicitent: la politique intérieure; le monde comme il va; et un fourre -tout d'humeurs qui pourront porter sur des sujets hétéroclites; bonne lecture!
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